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Benni couv

Benni est une petite fille de 9 ans, confiée aux services sociaux depuis des années par une mère fragile et dépassée. Que sa blondeur et sa candeur ne nous trompe pas : Benni est victime de crises explosives de violence, submergée par ses émotions qu'elle est incapable de contrôler.

Alors Benni passe de famille d'accueil en foyer, retourne chez sa mère ou participe à des programmes d'insertion expérimentaux. Mais personne n'arrive à stabiliser la fillette qui souffre de plus en plus de toutes ces ruptures. Son assistante sociale a grillé toutes ses cartouches ; il reste peut-être un espoir auprès de cet éducateur aux méthodes peu orthodoxes...

Bon, j'avoue, j'ai versé quelques larmes... j'ai même versé beaucoup de larmes, en fait...

Ce film est extrêment touchant : il aborde une réalité qui finit rarement comme un conte de fée dans la vraie vie, celle des enfants mal-aimés, qui se fanent et se flétrissent d'attendre la sécurité et un geste d'amour de la part de leurs parents.

Ce film est également beau parce qu'il réussit à montrer les sentiments subtils de tous les personnages : personne n'a vraiment raison ni vraiment tort dans cette situation, chacun fait de son mieux avec les armes dont il dispose, y compris Benni et sa mère. Rien ne nous est épargné des crises de la fillette, véritable grenade dégoupillée au milieux d'adultes qui retiennent leur souffle. Nora Fingscheidt ne cherche pas à influencer notre jugement, se contentant de dépeindre une situation insoutenable pour tout le monde, sans aucun pathos, caméra sur l'épaule, accentuant cette impression de réalité quasi documentaire.

Mais au milieu de cette énergie furieuse et imprévisible, on découvre des oasis de grâce, de douceur et d'enfance.

Ce film est éprouvant à regarder mais dégage aussi une belle chaleur humaine : une vraie expérience sensorielle.

Anne-Cécile

Benni / Nora Fingscheidt - Ad Vitam, 2020.

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