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Pour Sama couvWaad Al-Kateab a 20 ans et étudie à Alep lorsque la guerre éclate en 2011. Exaltée par le Printemps arabe, elle commence à filmer les rues de sa ville et la répression du gouvernement ; ce témoignage devient vite un acte résistant face à l'horreur des bombardements et de la répression par Bachar el-Assad. Pendant 4 ans, elle ne quitte plus sa caméra et filme plus de 500 heures de rush, la riche matière première de ce film.

Pensé comme une lettre ouverte à Sama, sa fille, ce documentaire montre le quotiden de Waad et de son mari Hamza : la naissance de leur amour, de Sama, leurs repas entre amis et l'hopital qu'ils ont créé... Mais aussi les enfants tués ou mutilés, les mères qui hurlent, les immeubles qui s'effondrent. Et surtout, l'impuissance face aux bombes, face à la mort.

Waad et Hamza sont déchirés entre partir et protéger leur fille ou rester pour résister. Parce que survivre à Alep, c'est un acte de grande bravoure et de résistance.

Ce sont des héros : l'une en témoignant au péril de sa vie, l'autre en soignant sans répis, sans matériel et souvent sans espoir.

 

Les images de Waad sont une immersion dans les rues et dans la douleur des habitants d'Alep. Elles sont très crues, violentes et n'épargnent pas le spectateur ; on sort de ce film hébété et retourné. C'est pourtant la réalité que vivent les syriens depuis 2011 et c'est ce qui rend ce documentaire rare et indispensable : qui, vu de nos pays développés, peut imaginer ce que vivent les syriens ? Lorsqu'on le sait, comment peut-on refuser d'accueillir les réfugiés ?

Ce documentaire a remporté, entre autres, l'Oeil d'or du meilleur documentaire au festival de Cannes et le prix BAFTA du meilleur documentaire. On ne pourra plus dire qu'on ne savait pas.

Anne-Cécile

 

Pour Sama / Waad Al-Kateab, Edward Watts - KMBO, 2020.

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